Sortir la culture des lieux instituer, du faire venir … au faire ensemble

25 & 26 juin 2015
Château de Suze la rousse

Défis 12.
Doit-on sortir la culture des lieux institués ? Comment mobiliser les lieux de diffusion labellisés dans la dimension participative dont ils sont responsables.

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Les enjeux soulevés par le groupe sont synthétisés dans une présentation prezzi que vous pouvez consulter en suivant ce lien : Posture lieux culturels,  Le prototype “Du faire venir…au faire ensemble” est une démarche expérimentale qui vise à créer une cellule d’innovation, nouvelle forme de sociabilité, à partir d’un réseau actif qui repose sur des finalités sans cesse interrogées.

Une cellule d’innovation participe à une nouvelle forme de prospective. Elle est :

  • Un réseau ouvert: Il s’agit de croiser les regards et de mettre en lien des territoires d’expérimentation. L’arrivée de nouveaux membres nourrit ses processus, car elle permet d’interroger en continu les fondements de la démarche. Nous proposons qu’elle soit constituée d’agents territoriaux, de l’État, d’acteurs institutionnels et associatifs, d’artistes, de bénéficiaires de prestations, d’élus et d’habitants. La constitution du groupe évoluera, telle une spirale, en fonction de l’avancement des processus de travail et des articulations en jeu.
  • Un réseau où la fluidité de la communication entre ses membres est travaillée tout au long de la démarche en intégrant toutes les composantes de la communication (le non verbal, le langage du corps).
  • Un réseau qui joue avec les mots et les concepts pour une pensée créative:
    • JE TUE NOUS
    • JE + TU = NOUS
    • JEU SUIT
  • Un réseau qui incarne des règles de travail basées sur:
    • La bienveillance.
    • Le respect.
    • L’égalité dans la parole.
    • Le non-jugement.
  • Un réseau impulsé dans un premier temps par le Conseil Départemental, mais où la dynamique collective, les enjeux transversaux mettront en mouvement pour des articulations innovantes entre partenaires institutionnels. Pour avoir une vision globale de la démarche de création d’une cellule d’innovation, le document élaboré par le défi 7 (comment fédérer autour d’un même objectif différents secteurs de l’action publique (culture, social, environnement, économie, …) permet d’appréhender les processus d’une « création collaborative comme processus de transformation ».

Phase 0 : Une écoute des intentionnalités.

Cette première phase vise à écouter les intentionnalités des acteurs d’intégrer la cellule d’innovation. Elle peut prendre la forme d’entretiens organisés par le Conseil Départemental et vise la formulation d’une vision globale de l’articulation entre projets culturels et sociaux.

La question posée par le défi 2 (Peut-on mesurer le progrès ou Comment observer les processus de transformation dans les actions culturelles et sociales ?) peut-être une entrée stimulante pour inviter les acteurs à se positionner dans une future cellule d’innovation.

Phase 1: Créer un langage commun.

Au cours de cette phase, il s’agit de créer un imaginaire commun entre les participants, vecteur des valeurs du groupe. L’utilisation de supports créatifs permet de “briser la glace”, de déconstruire les représentations en confiance:

  • Les jeux de la Marquise Citoyenne proposé par le défi 1 et celui de Cocotte à jeux proposé par le défi 11 peuvent être des outils pertinents pour travailler les représentations et la dynamique de groupe.
  • Nous proposons par petits groupes de créer un objet, une situation, une performance, métaphore de la problématique posée par le réseau à l’articulation du travail social et des politiques culturelles.
  • Nous identifions les outils créatifs utilisés par les participants dans leur contexte professionnel pour les faire jouer par la cellule d’innovation.

La durée de cette phase varie suivant les contextes. Nous préconisons qu’elle alterne:

  • Une formation-action aux processus de mise en réseau (communication transversale et créative, approche systémique du projet et du changement, …) à l’image du programme de dé-formation continue proposé par le défi 4 (Comment désapprendre ensemble en inventant de nouveaux modes d’actions ?)
  • Une ou plusieurs expériences artistiques pour que l’art soit vecteur de vision globale sur l’articulation culture-social.
  • Des séquences d’animations créatives tournantes entre plusieurs institutions, par l’utisation d’outils d’évaluation dynamique.

À l’issue de cette phase, le réseau émerge.

Phase 2: Co-construire des projets expérimentaux et innovants.

Au cours de cette phase, les acteurs partagent les problématiques du territoire et les reformulent en visées dynamiques de changement.

Il s’agit de passer du territoire au terreau pour faire commun, pour créer le paysage.

Au cours de cette phase, des formations plus ciblées (telle que celles préconisées par le défi 3Doit-on valoriser le processus ou le résultat?) seront proposées.

Phase 3: Expérimenter et mettre en partage.

– Au cours de cette phase, des articulations créatives se mettent en jeu à partir d’expérimentations. Le réseau s’approprie les outils d’essaimage des projets proposés par le défi 5 (Comment favoriser le partage d’expérience pour capitaliser et faire essaimer les projets ?) où il s’agira de:

    • Définir des modalités d’essaimage.
    • Créer des outils communs.

Ainsi, le réseau se structure à partir des projets et non à partir d’une structure hiérarchique qui le rigidifierait.

  • La cellule se dote également d’outils de pilotage et d’évaluation d’un projet collectif comme celui élaboré par le défi 6, “construit comme un jeu de cause-conséquence, avec des cartes  de situation « grippantes ou lubrifiantes ».
  • Le film créé par le défi 10 (Comment passer de l’expérimentation à un dispositif politique pérenne ?) sera un outil créatif pour évaluer l’articulation entre les projets expérimentaux proposés par la cellule et les politiques publiques.

 

 

Au cours du séminaire à Suze la Rousse,, la question “Doit-on sortir la culture des lieux institués?”, a fait l’objet de plusieurs reformulations articulées autour de trois métaphores. Le livrable sera donc un prototype destiné tout autant à un lieu culturel, à une institution publique intervenant dans le champ culturel, social et éducatif qu’à un réseau. Il vise à:

  1. Désectoriser et décloisonner le secteur culturel pour avoir un cadre global souple, socle solide pour un fonctionnement pérenne au-delà des personnes.
  2. Permettre à tous les publics de s’approprier des lieux culturels à travers des nouvelles formes de sociabilité.
  3. Mettre en tension deux processus (visées verticales et visions transversales) pour créer une dynamique participative de changement.

Une métaphore du réseau

La métaphore du réseau, « du faire venir…au faire ensemble. » from loffice on Vimeo.

  1. Elle nécessite d’être approchée à partir d’une approche systémique facilitée par une mise en réseau des acteurs culturels, sociaux et éducatifs. deux pelotes de laine et un groupe. Dans un premier temps, les acteurs échangent sur leurs représentations de l’articulation entre art, culture et travail social et produisent de l’interconnaissance. Les liens se tissent peu à peu puis, avec l’aide de facilitateurs et d’artistes, le réseau se “tricote”, des formes innovantes de communication émergent; des projets se relient. L’articulation entre travail social et travail culturel se met en jeu

Une métaphore, la comptine

  1. Elle requiert d’engager les professionnels du lien social, les travailleurs culturels et les habitants dans des formes artistiques participatives pour régénérer notre vision de l’art à partir d’une relation sensible et créative.Des binômes sont invités à métamorphoser une comptine à la façon d’un Haka des All Blaks ou d’une cantate d’opéra. Ici, l’articulation entre travail social et travail culturel permet de régénérer les pratiques artistiques, d’introduire un art plus participatif qui autorise une mise en jeu de la créativité des professionnels et des usagers des services publics.

Une métaphore: et si nous pensions le nouveau Château de Grignan?

  1. Elle vise à revitaliser des cadres culturels institutionnels, perçus comme immuables, rigides, descendants, par la création de collectifs transversaux permettant à chacun d’être partie prenante d’un tout, d’un projet culturel global. Une feuille de papier métaphorise le Château de Grignan, lieu de diffusion d’une pièce de théâtre pendant tout l’été. Chacun est invité à ouvrir le cadre proposé par cette feuille, d’accompagner sa transformation vers une forme institutionnelle plus ouverte (“de l’autoengendrement à la revitalisation”).

Lors des Rencontres de Suze-la-Rousse, ce défi a été facilité par :

Pascal Bely

Economiste de formation, j’ai été l’un des créateurs du premier numéro téléphonique sociale en France pour le Ministère de la Santé («Sida Info service »). Développant rapidement mon goût pour les projets complexes, j’ai créé mon cabinet de conseil, TRIGONE, où je propose depuis 1994 différents espaces  de mise en scène des projets, à partir de 3 plateaux : l’art et le management, l’art et le projet éducatif 
global, l’art et le développement social. L’articulation entre l’art et les projets institutionnels est le fruit d’un cheminement qui m’a conduit à relier mon engagement de spectateur (j’anime depuis 2005 un blog, « Le Tadorne ») avec le désir des professionnels du secteur public et associatif de co-construire les projets par des processus créatifs. Ainsi collectivités locales, associations du secteur médico-social et de l’éducation populaire, le CNRS, des organisations à vocation culturelle, s’appuient sur l’expérience de mon cabinet pour développer de l’intelligence collective où nous leur proposons une articulation vertueuse entre des formations sur les processus de changement , des accompagnements de projets transversaux et des mises en réseau.

L’équipe était composée de

Olivier de Charsonville, Directeur Culture, Jeunesse & Sports,
Conseil départemental de Loir-et-Cher ; Gaëlle Egidio, référente culture et communication, Conseil Départemental de l’Isère ; Pierre Buch, Chargé de mission, Responsable Mission de l’Action culturelle des territoires, Conseil Départemental de Saône et Loire ;  Fabienne Beguin, Conseillère action sociale, Service de l’innovation sociale, Conseil Départemental de l’Isère;  Gibé, comédien, compagnie Les Décatalogués, Bourg les Valence (26);  Mireille Pinaud, Directrice de la Culture, Conseil Départemental de la Loire Atlantique ; Olivier Langlois, Adjoint à la Direction du pôle Public et Médiation, Théâtre Grand T, Nantes ; Myriam Cochard, chef de projet Culture et Insertion, Association Vosges Arts Vivants ;  Anthony Rouxel, Chargé de mission auprès du DGA Solidarités, Conseil Départemental de l’Aveyron ;  Hélène Barruel, chargée de mission Culture et lien social, Conseil Départemental de l’Isère.